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22/10/2010

La résurrection de l’esprit de la loi,.. (6)

 Premier, deuxième, troissième, quatrième et cinquième parti.

 

Exiger des taxes bureaucratiques ne pourra rien y changer de structurel, qu’elles soient élevées ou non, car cela n’altère pas notre conditionnement premier, à savoir d’éviter la responsabilité sociale pour la politique et les citoyens : la recherche du profit et du pouvoir, obtenir plus que ce que nous avons investi, naturellement aux dépens du reste. Nous accumulons les crises, sans avoir le courage de nous demander ce qui peut les causer, car nous serions alors contraints d’analyser notre propre fonctionnement au sein de l’ensemble. Cela n’a généralement pas un effet favorable sur notre position sociale, si l’on considère les choses depuis la réflexion en termes de pouvoir ou de carrière. C’est pourtant la seule manière de briser les conditionnements sclérosés : prendre conscience de notre propre action (ou absence d’action) au sein de l’ensemble.

 

Actuellement, nous jouons à un jeu de cache-cache bureaucratique chronique dans notre univers bidimensionnel de chiffres et de nombres. Et lorsque l’on cherche, on découvre qu’en définitive personne n’est responsable. Nous sommes responsables du profit sur le papier ou d’une autre forme de pouvoir que fournit une personne à l’organisation. C’est à cela que nous devons notre statut social, avec pour résultat que notre gestion de crise n’est quasiment orientée que sur la sauvegarde de ce qui est en fait une illusion de pouvoir bureaucratique. Et ce faisant, nous repoussons de manière chronique la dette (morale et financière) vers les prochaines générations car nous n’avons pas le temps aujourd’hui de traiter ces priorités sociales. Comme responsables, nous accusons les autres, le système ou la logique du système, nous attribuant à nous-mêmes un brevet d'incompétence, car il serait fatal de mettre en question notre propre fonctionnement dans une économie fondée sur la lutte pour le pouvoir. En fait, seule notre foi dans la plus-value bureaucratique est en crise et des milliards en dettes de papier sont pompés dans le système afin de sauver de l’effondrement cette foi, cette illusion bureaucratique. Économie et justice ?

 

C’est notre fuite collective de la réalité, ou la farce dans la réalité : un univers de papier trompeur, à la poursuite du profit. Et pour apporter une solution aux défis sociaux, nous avons estimé qu’il fallait produire encore davantage de ce papier illusoire afin de sortir9 des crises. Cette logique vicieuse a pour origine l’hypothèse de l’argent valant de l’argent en lui-même sous la forme d’intérêts et désormais de centaines de dérivés financiers, qui mènent une vie bureaucratique entièrement incontrôlable aux dépens de la société (et la nient). Nous en sommes devenus tellement dépendants, en tant que personnes et en tant que politique, que nous ne nous rendons même plus compte que nous avons créé cette situation nous-mêmes et que nous pouvons donc aussi la changer. Ce dernier point est l’esprit de la loi en application. Mais si nous n’avons plus nous-mêmes la conscience de pouvoir changer de cap, cet esprit de la loi va s’éteindre en nous lentement, abandonné à une jungle de lois et de règles qui essaient, avec les meilleures intentions, de sauver ce qui peut l’être. Il n’y a cependant aucune chance de réussite, puisque nous ne mettons pas en question notre conditionnement de base « économique » : la recherche du profit et du pouvoir, notre forme angoissée et instinctive de sécurité (apparente).

 

Il serait illusoire de penser que ceci n’a lieu que dans le secteur privé, notre secteur public en est entièrement dépendant. Un allocataire, quelle que soit sa situation, se trouve sur le même bateau qu’un PDG : soutirer plus que ce que l’on a apporté, sans nous confronter à la question : d’où provient donc ce « plus » ? Tout comme la dette, nous repoussons cette question vers l’avenir, vers nos enfants qui ne le savent pas encore. Auront-ils plus de courage que nous aujourd’hui et davantage le sens de la justice, pour se charger de cette question ?

 

Si nous ne croquons pas aujourd’hui cette pomme acide, elle n’en sera que plus aigre demain, plus amère et plus douloureuse, étant donné le cercle vicieux dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui, nous niant nous-mêmes.

 

J’estime que la Cour suprême doit casser le jugement de la Cour. L’hypothèse de l’argent valant de l'argent sous la forme d’intérêts a créé un univers dans lequel les personnes sont subordonnées à ses lois bureaucratiques. L’être humain s’est ainsi éloigné des droits et des possibilités offertes à l’être humain, de l’existence elle-même, de la réalité, de sa liberté émotionnelle par un conditionnement servile, d’un équilibre dynamique et juste, de sa conscience véritable, niant ainsi sa liberté d'expression, de son égalité de valeur en tant qu’être humain par le fait d’une hiérarchie principalement fondée sur le pouvoir, interdisant à un système juridique de fonctionner pour évoluer en direction d’un État de droit et interdisant à la société de se développer pour devenir une démocratie ouverte et libre fondée sur des individus en évolution vers l’indépendance par rapport à l’ensemble.

(Une phrase un peu longue, inspirée d’articles de la Convention européenne des droits de l'homme.)

 

 Suite 7 et fin!

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