Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

16/09/2011

La mondilisation soluble dans l'économie locale?

La mondialisation soluble dans l’économie locale ?

HUGUES MENATORY  MIDI LIBRE
16/09/2011, 06 h 00
Pour Guy Sorman, les petits épargnants n’ont pas de souci à se faire.
Pour Guy Sorman, les petits épargnants n’ont pas de souci à se faire. (PHOTO : DANIEL BRUEL)

L’économie, science à part entière ou véritable philosophie de la vie ? Le débat ne sera jamais tranché, mais en ces temps de crise qui n’en finit justement pas de s’éterniser, il peut être bon de ne pas faire l’économie d’une pause. Les emplois disparaissent et les petits épargnants ont peur, cependant que les boursicoteurs se demandent s’ils ne vont pas jeter leurs actions à la corbeille. Bref, tout va mal, et lorsqu’on parle de la Grèce, ce n’est pas pour vanter les charmes d’un pays qui a vu éclore la démocratie.

Et si le salut se trouvait dans les entreprises qui font corps avec “leur “territoire” ? Celles qui mettent en avant des marques qui ressemblent à des paysages ou qui ont carrément des noms de lieux ? C’est, en substance, ce thème de réflexion que le CNER (conseil national des économies régionales, regroupant les comités d’expansion économique) propose, depuis hier et jusqu’à aujourd’hui, aux congressistes réunis à Conques.

Universitaires, chefs d’entreprises, consultants, élus, participent ainsi à des tables rondes dont on espère qu’il n’en sortira que des cercles vertueux.

"Notre mieux-être, on le doit aux innovateurs"

Guy Sorman Et puis, comme l’économie, en plus des flux financiers, s’intéresse aux grandes idées qu’elle génère parfois, Guy Sorman, écrivain inclassable, voltairien tout de même puisque croyant fortement au libéralisme, était hier de la partie. Il lui incombait de débattre avec Paul Jorion, anthropologue, mathématicien et chroniqueur économique. Il s’agissait de savoir quelle serait la place du local dans l’économie d’après crise. Bien sûr, les intervenants étant ce qu’ils sont - intellectuels de haut vol et praticiens de la chose économique - , il a bien fallu aborder les notions de juste frontière entre l’Etat et les marchés, d’interdiction (pour Jorion) ou non (pour Sorman) de la spéculation, ou du travail trop souvent considéré comme la variable d’ajustement.

Quant à la place du local dans l’après crise, elle pourrait prendre la forme du titre d’une prochaine chronique de Guy Sorman : Eloge de monsieur Ratier. L’entreprise du même nom est bien connu, et pas seulement dans la mécanic vallée. "L’inventeur d’une hélice crée une industrie locale et mondiale", précise-t-il. "Notre mieux-être, c’est aux innovateurs qu’on le doit. Et quand il y a innovation, il peut y avoir accident. C’est le propre des économies qui évoluent".

Ce n’est peut-être pas incompatible avec l’idée de Paul Jorion qui en appelle à une Constitution économique qui ferait la promotion d’un comportement vertueux. Quant à l’Europe, en pleine tempête identitaire (est-ce bon ou mauvais pour les territoires ?), Paul Jorion pense qu’elle souffre de la tare rédhibitoire de n’avoir été conçue que pour les marchands. Alors que, pour Guy Sorman, si on a eu l’Europe des marchands c’est parce que toutes les autres tentatives avaient échoué.

La réflexion, dans le domaine économique aussi, peut être galvanisante. Surtout lorsque les idées sont brassées avec la force d’une hélice.

Les commentaires sont fermés.