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11/11/2011

Appel contre le jugement de l’administration fiscale (3)

Part I

Part II

 

c) Le manque de clarté chronique sur l’intérêt général et l’intérêt personnel

Un sujet délicat qui demeure toujours aussi actuel depuis Adam Smith. Peut-être même la tâche la plus importante des pouvoirs publics : la surveillance et l’organisation de l’intérêt général. Mais qu’est-ce que l’intérêt général : est-ce celui qui nous unit ou celui que chacun de nous doit poursuivre individuellement ? Existe-t-il aujourd’hui au sein de notre économie quelque chose que nous puissions qualifier de notre priorité collective et essentielle ? Peut-être pourrions-nous nous accorder rapidement sur ce point. La croissance économique ou le profit est actuellement notre priorité économique majeure. Nous partons aujourd’hui du principe que sans profit ni croissance, il n’est pas possible d’investir dans l’enseignement, la santé, les infrastructures, la solidarité et autres. Mais en est-il vraiment ainsi ? Pour pouvoir répondre à cette question, il nous faut faire la distinction entre communication directe et indirecte.

Modèle macro-économique I : communication indirecte

 

Priorité sociale principale


Dégager du profit

 

 

Ceci permet d’investir dans

 

La priorité elle-même qui permet de générer du profit.

L’alimentation

La construction de logements

L’enseignement

La santé

L’environnement

La justice

etc.

 

La tâche principale des pouvoirs publics dans ce modèle macro-économique consiste à maintenir le flux générateur de profit et de veiller à ce que la recherche de profit n’ait pas trop d’effets secondaires négatifs sur la société. Ces effets sont corrigés par l’adoption de nouvelles lois et réglementations. Le problème de ce modèle est que les pouvoirs publics, les entreprises et les citoyens sont constamment emprisonnés entre l’intérêt général et la priorité collective choisie, c'est-à-dire la réalisation de profit, ce qui empêche quasiment toute communication réciproque efficace. Le plus grand problème de la communication indirecte est que les pouvoirs publics ont un intérêt dans ce modèle, ce qui œuvre au détriment de la nécessaire impartialité et finit par saper la crédibilité des pouvoirs publics. Les pouvoirs publics sont alors devenus une balle entre les divers groupes d’intérêt.


Modèle macro-économique II communication directe

Dans ce modèle, les priorités de la société sont classées selon leur importance.

 

 

Intérêt général

(priorités partagées par tous dans leur ordre d’importance)

 

  1. Air pur
  1. Eau potable propre

 

  1. Alimentation saine
  1. Logement

 

  1. Enseignement
  1. Accès aux soins

 

  1. Nature & infrastructure
  1. Gouvernement juste

 

 

 

 

 

Intérêt individuel

(espace d’épanouissement nécessaire à chacun pour exprimer son individualité sans affecter l’intérêt général.)

 

L’art de la réalisation de soi par la franchise de pensée et la droiture d’esprit.

La connaissance

L’art de vivre

La recherche & le développement

Le détachement & la tolérance

 

 

La tâche principale des pouvoirs publics dans ce modèle consiste à surveiller et organiser les conditions cadres. En pratique, cela signifie que l’intérêt personnel ne doit pas être poursuivi au détriment de l’intérêt général. À l’individu sont ainsi fournis les cadres au sein desquels il peut développer sa créativité dans ce que Rousseau appelle le contrat social. Ce modèle macro-économique de communication directe crée des priorités plus claires pour la société et permet de réduire en grande partie la confusion sur l’intérêt général et l’intérêt personnel. Les pouvoirs publics, les entreprises et les citoyens peuvent ainsi communiquer de façon plus ouverte et plus efficace car les priorités communes sont plus clairement définies. Et le monde économique et politique tendra ainsi à moins pratiquer l’incompréhensible langue de bois qu’il parle aujourd’hui.

Part IV

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