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24/11/2013

L'essence de la démocratie (I) par Peter Pappenheim

pour le moment une no man's land (photo prit de marianne.net)

L'essence de la démocratie

That is democracy
Democratie in een notendop

 

 

 

par Peter Pappeheim*

 

Une résumé en français de son livre :

The conceptual foundations of decision-making in a democracy

 

  1. Annexe : Sujets divers                

 


* L'écrivain est d'origine Néerlandais, si vous avez des améliorations/corrections/commentaires constructives à faire, n'hésitez pas à laisser vos observations!!!

Een Nederlandse versie kunt u hier vinden! (Democratie in een notendop)

An english version is to be found here! (That is democracy)


L’ESSENCE DE LA DEMOCRATIE.

 

La profusion de livres, articles, sites web, blogs sur la démocratie n’admettent qu’une conclusion: il n’existe pas une démocratie, nous n’avons que de nombreuses et incompatibles conceptions de la démocratie. Même aujourd’hui, la philosophie et la science politique nous livre aucun principe, aucune définition adéquate et généralement acceptée ; nous trouvons que des vues contradictoires de penseurs éminents. Ils traitent avant tout des procédures de la démocratie. Mais une procédure est surtout un moyen pour atteindre un objectif, et elle peut être manipulée. Une loi islamique peut être admise par une large majorité, pourtant nous ne considérons pas un état théocratique comme une démocratie, quelque soit la procédure par laquelle ses chefs ont étés élus.

Tant qu’il n’y a pas d’accord sur l’objectif de ces procédures, nous ne pouvons nous attendre une démocratie viable. La façon logique d’achever un accord n’est pas – comme d’habitude - de le déduire de ce que les philosophes peuvent en dire, mais de chercher sur quoi tout le monde est d’accord quand il choisit pour la démocratie.

 

1- INTRODUCTION

On peut répondre à cette question en deux étapes. 1) Avons-nous vraiment besoin d’un gouvernement, et si oui pourquoi? 2) Si oui, que nous apporte la démocratie que ne nous apportent pas d’autres formes de gouvernement ? 

1) L’espèce humaine doit son rôle important, voire dominant dans notre monde avant tout à sa coopération. Par le langage, le pouvoir de réflexion (pensée de la pensée) et l’organisation, nous sommes parvenus à un degré de coopération unique chez l’espèce humaine, créant une nouvelle structure sur la surface de la Terre : notre culture, l’agriculture, les machines, jusqu’aux mathématiques et à l’art. Pour coopérer, il faut exister, et donc aussi être capable de coexistence.

La nature connaît trois façons d’assurer la coexistence et la coopération efficace. - Les instincts : propension innée à la vie sociale et capacités tels que imitation et empathie.

Règles de comportement social appris par interaction avec les géniteurs et d’autres membres du groupe. - Le rôle d’un leader est de prendre des décisions et d’assurer le comportement social dans le cas ou les deux premiers se révèlent insuffisant.

Le leader obtient son statut par la force, la ruse et l’agressivité. Dans la nature, le rôle du leader est marginal, et il est efficace parce que son instinct limite les dommages qu’il peut infliger, pas exemple en forçant les loups et chimpanzés à arrêter leurs attaques dès que leur adversaire se soumet.

Avec son langage symbolique, sa raison, son imagination produit un résultat explosif d’actions alternatives qui en résulte, une société humaine est depuis les temps historiques fondamentalement différente des autres sociétés de primates, tant en importance, en complexité et spécialisation qu’en pouvoir destructeur. Nous nous fions toujours encore à l’instinct, l’apprentissage et l’autorité pour assurer la coexistence et la coopération, mais sous une forme différente. D’abord, pour assurer l’application générale des règles de comportement dans une société complexe, nous avons du les formaliser dans des lois. De plus, instincts et comportements appris perdent de leur efficacité chez des êtres qui en sont conscients et donc de la possibilité de transgression.

Cela souligne l’importance du troisième moyen de coordination : l’autorité. Dans une société humaine, le leadership basé sur la violence, fonctionne mal. Un loup qui montre sa soumission au leader qu’il a défié en lui offrant sa gorge, se trouve épargné.

Conscients que cette soumission peut n’être que temporaire, les leaders humains ne montrent pas une telle retenue et se débarrasse de ceux qui défient l’autorité, souvent en les tuant. Couplé avec ce pouvoir de destruction, la quête pour le leadership et le territoire a produit des massacres fratricides sans pareils dans le reste de la nature. Étant donné les coûts et l’instabilité de l’autorité basée sur un pouvoir séculier, un appel à une autorité supérieure a semblé constituer une alternative bienvenue. Les luttes pour le pouvoir et le caprice des lois qui en résultaient nous a conduit à tenter de stabiliser ce pouvoir en le rendant héréditaire ou en fondant les lois sur des prescriptions divines(Bible, Coran). En vain. Comme l’histoire l’a prouvé, l’appel à une autorité surhumaine n’est pas vraiment une solution pour parfaire la coexistence.

2) Raison et imagination ont entravé l’efficacité de l’évolution naturelle des méthodes de coexistence et coordination. Mais elles nous ont permis de développer un autre, virtuel, moyen de coopération : négocier un accord en le formalisant dans un contrat. Sa propriété fondamentale est que l’acceptation de l’accord doit être volontaire (autrement, il serait un 'Diktat', un ordre) et que l’effectuer soit la responsabilité de tous les participants. Réaliser un accord entre des individus qui ont des intérêts et idéaux différents implique qu’ils donne priorité `a la coexistence et la coordination procurés par un tel accord, au dépend des autres objectifs qu’ils peuvent poursuivre. Ils doivent comprendre que c’est le meilleur marché qu’ils peuvent réaliser dans un monde qui n’a pas été créé pour leur propre satisfaction. Formalisé dans un contrat, l’accord a été la base de la plupart de nos entreprises; la coordination par accord est la base exclusive de toute démocratie.

 

 

 II Comment cela a-t-il commencé ?

 

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