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31/08/2014

« L’autre politique est un mirage » (1)

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Tentative constructive de décortiquer  l'interview avec le (avant) nouveau ministre de l’économie Emmanuel Macron.

 

L’article dans Le Point : Emmanuel Macron : « L’autre politique est un mirage »

 

Un constat et priorité :

Promouvoir la compétitivité et prendre au sérieux de budget en donnant visibilité, cohérence, stabilité et de la constance …………………………….. et donc la croissance.

 

Obstacles et challenges :

Politique (et) national :

Les annonces de l’exécutif sont brouillées par le trouble créé par ceux qui prétendent défendre une autre politiques. Relancer l’économie avec l’argent public que l’on n’a pas serait illusoire. L’image d’austérité qui colle au gouvernement.

La difficulté politique actuelle s’explique par le fait que beaucoup de mesures difficiles et nécessaires sont prises, mais que notre situation économique – en particulier le taux de chômage – ne s’améliore pas assez vite.

« L’autre politique » est donc un mirage ; c’est un scénario qui s’arrête au premier jour et ne sait pas écrire le jour d’après. Il traduit seulement l’impossibilité pour certains de faire confiance à l’intelligence des Français, qui seraient, à leurs yeux, incapables de comprendre la situation. Ils se trompent : pas un Français aujourd’hui ne pense que la France peut continuer comme elle fait depuis vingt ans !

Que proposent ceux qui veulent laisser filer la dette ? Que les plus jeunes, à qui nous transmettrons déjà de lourds défis, paient en plus les dépenses courantes que depuis des années on ne sait pas ou qu’on ne veut pas réduire ? Cela dit, il n’est pas nécessaire d’aller plus loin qu’une baisse de 50 milliards en trois ans, parce que cela poserait un problème d’exécution, créerait des remous politiques et des tensions sociales, et alimenterait le risque déflationniste. De plus, lorsque l’inflation est quasi nulle, faire des économies devient plus difficile, car les moindres indexations ou les gels de prestations ne rapportent, alors, presque plus d’argent.

Tuer l’impôt, non, mais c’est vrai que la fiscalité a trop augmenté. Cela n’a pas été assez anticipé, et j’y ai ma part de responsabilité. Pour tenir les engagements budgétaires à un moment où la zone euro était en danger extrême, il fallait augmenter les impôts. Simplement, cela a été fait alors que nos prédécesseurs avaient eux-mêmes décidé plus de 30 milliards d’euros de hausses d’impôt en fin de mandat… Au total, entre 2010 et 2013, les impôts ont ainsi augmenté de plus de 60 milliards d’euros. L’exécutif n’avait certes pas beaucoup d’options à l’été 2012, mais c’était trop.

La réalité nous invite à réfléchir aux droits réels de tous – y compris et surtout de ceux qui n’ont pas  d’emploi. On oublie que, historiquement, la loi servait à protéger les plus faibles, alors qu’aujourd’hui la surabondance de lois peut au contraire handicaper les plus fragiles. Il faut donc redonner de la place au contrat.

Il est clair que dans notre pays, qui a besoin d’investissements, la structure et le niveau de fiscalité ne sont plus adaptés.

Mais cela suppose que chacun prenne ses responsabilités, syndicats mais aussi patronat, et sorte des postures, qu’elles soient conservatrices ou jusqu’au-boutistes. Soit le dialogue social peut accompagner et concrétiser cette volonté réformatrice, soit l’exécutif doit prendre ses responsabilités et ouvrir une nouvelle phase du quinquennat, comme Schröder a su le faire en Allemagne entre 2003 et 2005.

 

Européen, mondial, financier :

L’Europe, comme beaucoup des économies avancées, souffre d’un problème de croissance potentielle faible. A cela est venue s’ajouter une crise financière et bancaire qui a montré les fragilités de l’architecture même de la zone euro.

Il est vrai que la gestion de ces crises a asphyxié les économies – trop de pays ont fait la même chose au même moment ou presque, et trop peu ont résolu les fragilités de leurs systèmes bancaires, notamment. Il est vrai également que la politique monétaire européenne est beaucoup plus frileuse qu’aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, où les achats massifs de titres publics ont été l’un des principaux moteurs du redécollage.

La difficulté supplémentaire sur ce sujet, c’est qu’il y a toujours un doute sur la parole de la France, qui n’a pas respecté ses engagements en 2003 ni en juin 2007. Il faut en tenir compte.

Ce qu’on peut demander à l’Allemagne, c’est de repenser avec nous les équilibres de la politique économique européenne, mais en aucun cas il ne faut lui donner des leçons ou la clouer au pilori.

Le paradoxe, c’est que nous devons porter en Europe une inflexion pour plus de demande et moins d’austérité budgétaire parce que certains pays ont été trop loin en ce sens sous la pression bruxelloise, mais que la France doit quant à elle poursuivre le travail précisément parce qu’elle a encore nombre de réformes à faire et n’a jamais conduit un ajustement budgétaire trop brutal. Ce que nombre de décideurs et d’économistes dénoncent à juste titre depuis quelques mois, c’est la politique d’austérité généralisée qui a été trop pratiquée en Europe ces trois dernières années – mais personne ne reproche à la France de faire les économies nécessaires au bon rythme et de se réformer.

Il faut donc créer la dynamique d’une double politique : au niveau européen, répondre à la trop faible demande et donc prendre le temps nécessaire pour les mesures budgétaires, accroître l’investissement pour certains pays qui le peuvent, comme l’Allemagne, et décider d’une initiative pour l’investissement public au niveau de la zone euro ; et, pour la France, accélérer sa modernisation pour plus de compétitivité et mener les économies raisonnables auxquelles elle s’est engagée.

 

La psychologie politique/humain :

Ces postures relèvent de la maladie infantile du système politique français. Pour paraphraser Clemenceau, le destin de la France est trop important pour être confié à quelques-uns qui n’ont jamais croisé la réalité de la vie économique contemporaine.

 

Quoi faire, les Mesures :

Pacte de responsabilité :

 

Le CICE (Crédit de l'Impot pour la compétitivité et l'emploi)

Article dans le Monde sur les failles de CICE

Il faut continuer à réduire les dépenses publiques, mais accélérer sur la compétitivité. C’est le moment de passer à l’étape deux de la modernisation du marché du travail, parce que cela n’a pas d’impact déflationniste et peut restaurer la confiance.

Ensuite, nous pourrions autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d’accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunérations.

Il s’agit de sortir de ce piège où l’accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui n’ont pas d’emploi, en particulier pour les jeunes et les Français d’origine étrangère. Mais c’est difficile à expliquer et à porter, spécialement quand on est de gauche.

… moins de normes, de contraintes, plus d’initiatives. (logement)

 


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Une observation primaire de l'interview.

Un mirage contre l’autre mirage !?

Si j’essaie de me mettre dans la peau du ministre j’ai le sentiment  qu’il essaie, dans le marge de manœuvre que le système lui donne de trouver la meilleur compromis possible. D’une certaine façon et pour moi ce n’est pas un défaut, il veut être le plus réaliste possible face aux problèmes et challenges en respectant les contraintes politico-financier. Un grand parti de nous vivons au-dessus de nos moyens et un autre part n’a pas des moyens ou très peu, la dette galopante, l’économie vue de l’intérieur du système stagne depuis des années et en conséquence le chômage mont. A là même temps il y a très peu de confiance dans la politique en général et c’est pour cette raison que François Hollande et le gouvernement essaient de designer une ligne claire, cohérent, conséquent et avec l’espoir de restaurer la confiance (à lire la croissance).

On peut dire ce qu’on veut de Hollande, mais il a une ligne de conduite plus stable que par exemple le gouvernement précédent, mais c’était aussi le moment ou la crise a « commencé ». Bien sûr on peut trouver plein de contradictions, mais vue le marge de manœuvre dans le système politico-financier il est plus conséquent qu’on lui accorde en général dans l’opinion publique.

Emmanuel Macron est  clairement un des architectes de cette stratégie pour affronter l’actuelle crise depuis 2007/2008 (en réalité depuis les années ’70) vue l’interview qu’il a accordée avant son nomination comme ministre de l’économie. Selon lui « l’autre politique est un mirage ». Cette « autre politique » selon mon interprétation est une relance trop aveugle, sans stratégie cohérent juste pour « soulager » temporairement l’agonie dans la société.

Personnellement je suis assez d’accord avec cette observation (si j’interprète bien Emmanuel Macron). Arnaud Montebourg qu’on peut être utiliser comme métaphore de cette « autre politique » de relance, au moins pour moi n’a pas une vision claire, cohérent et encadré pour résoudre l’actuelle crise durablement. Pour moi c’est trop rhétorique pour le moment, trop l'envie de plaire sans vouloir aller là, ou ça fait façon parler mal. De ce point de vue selon moi Emmanuel Macron est un petit peut plus courageux que Arnaud Montebourg. Mais est-ce que ça rend « son politique » plus crédible que « l’autre » ?

La réponse est malheureusement NON !!!

Pour cela je vous invite de venir avec moi là où ça peut faire mal………  si vous avez un peu de sens d’aventure, curiosité sans oublier l'humour pour faire face à la malheur que nous avons créé tous ensemble et pas que par « l’autre »!

Ce qui semble contradictoire peut-être c’est que dans le sentiment (d’injustice) Arnaud Montebourg a beaucoup plus raison qu’Emmanuel Macron.

Comme vous voyez, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge avec cette histoire.

 

 

- à suivre -

 

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