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01/11/2014

Entre les lignes : « Ou comment une religion moderne fonctionne!? »

Billet publié sur le blog de Paul Jorion par Edouard (Leclerc ???? ;-) :-P )

 

Un petit mot à l’avant : Je ne rapproche nullement le sentiment d’injustice d’Edouard dans son billet, il a quelque part raison vue du système dans laquelle nous vivons. Mais entre les lignes vous pouvais aussi lire le chantage et la pensée dominante avec laquelle nous prendrons en otage nous-même et les autres et en conséquences montrent  la religion politico-économique qui nous « gouverne » et emprisonne. Bien sûr en profond collaboration avec notre système de solidarité bureaucratisé.  Autrement dit: quand nous mélangeons "gouverner" et d'être "gardiens de prison" ça donne à peut prêt cela.

Pour peut être mieux comprendre lisé: La machine contre l'homme

Ou la bête politico-économique (suïcidaire!!!)

 

Le billet d'Edouard: Réflexion sur la taxation des dividendes et plus-values

 

Bonjour M. Jorion,

Je suis très souvent en accord avec votre point de vue, et j’utilise souvent vos éclairages pour comprendre des situations qui m’échappent (via votre blog et vos ouvrages). Donc merci !

Cependant, en tant que jeune dirigeant de start-up (que j’ai fondée moi même il y a un peu plus d’un an), je ne suis pas du tout d’accord avec vous sur le « capitalisme de connivence » qui aurait poussé le gouvernement à reculer sur la mesure de l’augmentation de la taxation des dividendes.

Beaucoup (trop, bien entendu) profitent de ce système pour camoufler une rémunération, et il faut l’éviter à tout prix. Or, l’amalgame est dangereux. De mon côté, j’ai choisi de quitter un emploi qui était très bien payé (50k€/an à 25 ans, j’étais quand même bien loti) pour « monter une boîte » comme on dit, en espérant trouver un sens à ma vie, au moins professionnellement.

Mon métier était un métier de capitalisme idiot, qui consistait à sous-payer des gens pour vendre leur services très chers à des sociétés qui en avaient les moyens, mais qui ne voulaient pas s’encombrer de masse salariale. Au bout de 2 ans, j’en ai eu marre, je n’étais pas en adéquation avec les valeurs que je souhaitais défendre, et je suis parti en 2013 pour faire quelque chose dont je pourrais être fier, à défaut de quelque chose qui me rendrait « riche » (le terme est très relatif…)

Depuis 18 mois donc, je tente coûte que coûte, via ma start-up, de mobiliser l’épargne « dormante » des particuliers français (ou pire : l’épargne « spéculante ») pour aider les jeunes entreprises qui ont des projets socialement responsables (écologie, emplois, santé/bien être) à financer leur croissance, et donc à financer la création d’emploi local. J’ai ainsi monté une plateforme de crowdfunding. Cela fait donc 18 mois que je n’ai aucun revenu (et je ne suis pas près d’en avoir, le peu d’argent récolté étant tout de suite réinvesti en prestations diverses, ou, dernièrement, en embauche de salariés apprentis).

Je vis donc une situation financière assez délicate (je ne me plains absolument pas, c’est une situation que j’ai choisie : j’aurais pu rester salarié et dire merci tous les mois quand on me versait mon salaire non mérité). En écoutant Jacques Attali dernièrement, je me rends compte que lui-même prône ce comportement, grand bien m’en fasse !

J’ai franchi ce pas bien entendu parce que je croie en mon idée et en son bien-fondée, mais également car j’espère pouvoir en vivre un jour, et pourquoi pas en vivre confortablement. J’ai tellement de projets en tête (culturels, scientifiques, sociologiques) qui pourraient se transformer quasiment en autant de petites entreprises, que si j’ai un jour la chance de récolter les fruits de ce travail, croyez-moi, il sera utilisé de manière pertinente (ie, pas en call sur des matières premières)

En acceptant de ne percevoir aucun salaire (0€), j’espère donc, un jour, m’y retrouver financièrement en me versant une petite partie des bénéfices, ou alors en faisant une plus-value le jour où une grosses industrie souhaite acquérir mon entreprise. Plus on taxe ces sources de revenus, et moins j’ai envie de me faire du mal pour essayer de faire changer les choses qui ne vont pas… Je vais probablement perdre mon logement (que je ne peux plus payer) d’ici quelques mois, tout ça pour essayer de créer de nouvelles richesses : plus humanistes, plus respectueuses. J’espère que le pari que je fais s’avérera gagnant à long terme. S’il est gagnant, mais que tout ce que j’y gagne, c’est d’aider l’état à rembourser ses dettes dues en grande partie à son incapacité à gérer proprement ses finances, via un amas de complexité que plus personne n’arrive à appréhender, je regretterai amèrement mon choix de vie.

Il est important de faire une distinction claire entre les entrepreneurs d’un côté (qui investissent leur propre capital, aussi modeste soit-il, pour créer des richesses et des emplois) et les purs investisseurs/spéculateurs ou grands patrons (marionnettes des investisseurs) de l’autre. Il me semble que cette distinction, même si on la perçoit dans certains de vos livres, reste absente des derniers essais que l’on peut lire sur le blog… C’est dommage.

Voilà, c’était juste une petite réflexion suite à la lecture de votre vidéo de ce matin ! :) Je me sens donc très proche du mouvement des « Pigeons », et à mille lieues (voire dix mille) du mouvement du Medef…

A bientôt, et bravo pour tout ce que vous faites ! Nous ne sommes pas d’accord sur un point, ça ne m’empêchera pas d’être d’accord avec vous sur d’autres !

Cordialement,

Edouard

 

 


Ou comment deux analyses différents ont leur raison d'être, mais surtout pas essayer de comprendre l'autre pour approfondir l'analyse de soi/commun!!!! Et oui il y a une synthèse possible entre ces deux différents analyses!!!!

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