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10/09/2015

Dans le sud de l’Aveyron, un projet de transformateur fait monter la tension (Le Monde)

LE MONDE | 02.09.2015 à 11h02 • Mis à jour le 02.09.2015 à 12h48 | Par Rémi Barroux

lle monde,rémi barroux,les marchées tout sauf libre,tristesse globalisé localement partout

 

Du haut du plateau, le regard découvre les pentes herbues et boisées, les toits du petit village de Saint-Victor-et-Melvieu, dans le sud de l’Aveyron. Une palette de verts et de jaune paille des prairies, là où paissent les brebis qui fournissent le lait de l’appellation d’origine contrôlée Roquefort. A quelques kilomètres, les gorges enserrent le large Tarn. Seules ombres au tableau, les silhouettes des nombreuses lignes électriques, très haute tension (THT), haute tension (HT), basse tension (BT) et, surtout, l’encombrant poste électrique qui occupe un hectare et demi, au pied de Saint-Victor.

 

C’est ici, sur ce plateau paisible, que Réseau de transport d’électricité (RTE), filiale d’EDF, veut implanter un nouveau transformateur électrique (400 000 volts/225 000 volts) sur 5 hectares de terres agricoles. Le projet est rejeté par une partie de la population de ce village de 380 habitants dont le maire, Jean Capel, élu en mars 2014, s’oppose au projet. Contre ce mégaposte électrique, prévu à l’origine en 2009 sur 10 hectares, et l’invasion redoutée de centaines d’éoliennes dans le paysage, affirment les opposants, ceux-ci ont créé, en avril 2010, l’association Le plateau survolté.

 

Privilégier le dialogue

 

Plus récemment, en janvier, des militants ont bâti, sur le terrain pressenti pour accueillir le transformateur, une maison en bois, robuste. Baptisée L’Amassada, elle est destinée à accueillir les réunions et, si le besoin s’en faisait sentir, de futurs occupants du terrain. La filiation est revendiquée avec la lutte historique, au début des années 1970, du Larzac, voisin d’à peine 20 km, contre le projet d’extension du camp militaire, et le combat plus récent, dans le Tarn voisin, contre la construction d’un barrage à Sivens, près de Gaillac, à l’automne 2014. Seul le mot d’ordre change. Ici, c’est : « Le transfo ne se fera pas ! »

 

 

Vendredi 28, samedi 29 et dimanche 30 août, plusieurs centaines de personnes sont venues apporter leur soutien aux « jeunes » de L’Amassada, que le préfet de l’Aveyron, Jean-Luc Combe, appelle les « pré-zadistes » (de ZAD, zone d’aménagement différé devenue zone à défendre), qui seraient tout droit venus de Sivens, théâtre en octobre 2014 d’affrontements violents. La Fête du vent s’est pourtant déroulée dans une ambiance bon enfant, produits locaux, bons vins et débats fructueux avec des invités d’autres luttes, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le tunnel ferroviaire du Lyon-Turin…

 

« Au début, quand on a construit la cabane, les gens ne parlaient que de cela, de la ZAD, d’un Sivens 2, ils avaient peur, et l’arrivée des gendarmes a renforcé cette crainte », raconte Victor Vernhet, 22 ans, initiateur de L’Amassada, travaillant avec son père sur la ferme qui exploite le terrain convoité par RTE, un élevage de 350 brebis dont le lait sert à confectionner le roquefort.

 

« NOUS REFUSONS QUE LE SUD DE L’AVEYRON SOIT UNE ZONE INDUSTRIELLE DE L’ÉLECTRICITÉ », RÉSUME CAROLE JOLY, PRÉSIDENTE DE PLATEAU SURVOLTÉ

Le préfet affiche sa volonté de privilégier le dialogue. « Il n’y a pas de phénomène de radicalisation et je ne veux pas en arriver là, confie Jean-Luc Combe. Mais j’ai fait remonter au ministère la possibilité que se développe une ZAD ; c’est un thème qui peut fédérer une large mouvance. »

 

Derrière la question de la construction du transformateur se profile celle des futurs champs éoliens régionaux. Le nouveau poste permettra le raccordement de réseaux de 225 000 volts à 400 000 volts. Le transformateur existant permet déjà la conversion entre les lignes 69 000 volts et les 225 000 volts. « Le rôle de RTE, c’est d’optimiser le réseau, d’assurer la sécurité électrique du territoire. A Saint-Victor-et-Melvieu, il s’agit de raccorder les réseaux existants à la ligne 400 000 volts, ces grandes lignes de transport de l’électricité d’une région à une autre, d’un pays à l’autre, et d’assurer le développement des énergies renouvelables », avance Jean-Marc Perrin, chef du projet à RTE. Ne pas installer le transformateur équivaut selon lui à ne pas relier des routes nationales à une autoroute.

 

« Fantasme »

 

Dans le projet, il est question d’accueillir 2 100 mégawatts (MW) supplémentaires, provenant des énergies renouvelables. L’hydroélectrique étant déjà très développé, le photovoltaïque l’étant peu, les opposants ont calculé qu’à raison de quelque 2 MW produits par une éolienne, cela représenterait « 800 à 1 000 nouvelles éoliennes »« RTE a annoncé qu’ils allaient doubler la ligne THT de 400 000 volts, une électricité qui n’alimentera pas les réseaux locaux et qui est là pour faire du business, résume Carole Joly, présidente de Plateau survolté. Nous refusons que le sud de l’Aveyron soit une zone industrielle de l’électricité. » Selon Anne-Marie Citton, oppposante et ex-enseignante à la retraite, 117 permis seraient en attente. « On se précipite sur l’éolien, avec des parcs non connectés, et on invoque ensuite la nécessité de construire un nouveau transformateur », avance-t-elle, en précisant que le Parc naturel régional des Grands Causses (auquel appartient Saint-Victor-et-Melvieu), compterait déjà 54 éoliennes.

 

A la mairie de Saint-Victor, le discours est identique. Jean Capel met aussi en avant les problèmes de santé publique qui découleraient des champs magnétiques dus à la quinzaine de lignes qui parcourent la commune et au transformateur déjà construit. A l’appui de leurs dires, les opposants exhibent une instruction aux préfets de Delphine Batho, alors ministre de l’écologie, en octobre 2013, leur demandant de recommander aux collectivités « d’éviter de décider ou d’autoriser l’implantation de nouveaux établissements sensibles », crèches, hôpitaux, maternités, écoles…, « à proximité d’ouvrages THT, HT (…), postes de transformation ».

 

Autant d’arguments rejetés par RTE. « Aucune étude scientifique n’indique de conséquences néfastes pour la santé liées à nos équipements, nous sommes bien en deçà des normes européennes, précise M. Perrin. Le nouveau projet implique l’enterrement de toutes les lignes, à l’exception de la 400 000 volts. Le transformateur sera, lui, encastré dans le sol. » Le directeur de projet revendique même le soutien de José Bové, figure historique du Larzac.

 

« C’est un fantasme, il n’y aura jamais 1 000 éoliennes dans ce secteur. En bloquant le transformateur, les opposants stoppent l’éolien, argumente le député écologiste européen. Il faut voir comment améliorer la situation, développer le renouvelable. »

Le préfet de l’Aveyron veut, lui, souligner les concessions faites par RTE. L’enquête d’utilité publique devrait être ouverte à la fin de l’année. Les opposants s’y préparent. « Mes parents tenaient à cette terre et je ne vendrai pas mon terrain à RTE ; alors, ils parlent de m’exproprier », s’indigne Marie-Claire Connes, propriétaire des hectares convoités, laissés en fermage à son neveu. La confrontation ne fait que commencer.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/09/02/dans-le-...
 

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17/08/2015

La Fête du Vent à St Victor et Melvieu (aveyron) 28,29 et 30 août

 

Comment créer une contexte dans laquelle nous pouvons dialoguer, sans avoir peur de soi et/ou l'autre avec le simple intérêt commun et sociale comme horizon et avec les racines de liberté en nous pour tous, pour approfondir nos observations et analyse de la réalité.....!!!!??????

Aujourd'hui nous, le pouvoir est aveuglé par la réalité dites politiques et économique mais en réalité c'est un prison de nos conditionnements ploutocratique pavloviènne ....... Ce n'est pas un question d'intelligence mais le courage devenir vivant/conscient, pouvoir sentir la vie dans tous nos cellules.

Vive les jeunes (et vieux), qui aident  construire et formuler un nouveau contrat social pour et par nous même en dehors le conditionnement hiérarchique actuelle, vers une démocratie vivante en faisant face à nos peurs et en donnant la liberté en nous et plus d'espace (la vraie croissance!!!) humain dans la société.

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Aujourd'hui notre dialogue social est surtout basé sur un rapport de force, comment tu veut que la démocratisation, la raison (sociale) et l'esprit des lois peuvent germer dans l'individu et la société. Vue "du pouvoir" ou le système politico-économique sa doit être un concept "anarchique". Mais si vous n'avez pas vue ou compris que la démocratie est rien d'autre que la révolution intérieur perpétuelle encadré par des piliers de solidarité, liberté sur une socle de conservatisme vivant!

 

L'Amassada le site des jeunes de Saint-Victor et Melvieu contre le transfo-mafia de l'état-privé et pour une société pas parfait mais vivant constructible.