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18/02/2013

L'argent et l'éthique, assemblée organisé par Marianne à Nice

Éthique et argent : les leçons de notre Assemblée à Nice

Lundi 18 Février 2013 à 05:00 | Lu 1847 fois I 4 commentaire(s)

 

Maurice Szafran - Marianne

 


Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, invité de l'Assemblée Marianne, le 14 février 2013 - BEBERT BRUNO/SIPA
Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, invité de l'Assemblée Marianne, le 14 février 2013 - BEBERT BRUNO/SIPA
 


1. 6 000 participants
Plus de 30 débats ; plus d'une centaine d'intervenants, historiens, économistes, chefs d’entreprises, philosophes, responsables politiques, militaires de haut rang, banquiers, etc. Un plateau impressionnant. Des échanges de grande qualité. Mais là n’est peut être pas l’essentiel.

L’essentiel ? La présence, non la participation enthousiaste de 6000 Niçois, attentifs, exigeants, avides d’entendre, de débattre, de questionner, refusant toute langue de bois et le faisant savoir haut et fort.

Cette formidable participation citoyenne doit être prise au pied de la lettre (et au sérieux, très au sérieux, on ne peut plus au sérieux !), notamment par les... journalistes : elle montre à quel point la notion, jadis pertinente, de « consommateur d’information » n’a plus aucun sens, à quel point le débat et l’échange sont aujourd’hui une part essentielle du fameux contrat de lecture.

Un journal papier et un site internet, voilà les deux supports de Marianne. Il ne faut plus négliger un troisième outil tout aussi important, essentiel : l’Assemblée ou nous regrouperons nos lecteurs — et bien d’autres — pour les entendre, les comprendre, prendre leur expression a notre compte.

2. L’inquiétude
Au cours de ces deux journées et demie, les noms de Francois Hollande, Nicolas Sarkozy, Jean-Marc Ayrault, Jean-François Copé ou Jean-Luc Mélenchon n’ont quasiment jamais été évoqués. C’est dire la défiance des citoyens envers leurs responsables politiques – de gauche comme de droite.

À l’inverse pas un débat – quel qu’en soit le thème – , pas un échange, pas un désaccord, pas un affrontement théorique ou pratique ne s’est engagés sans qu’aussitôt la crise, ses origines et ses conséquences ne soient évoquées. Inquiétude généralisée. Attente, désormais impatiente, de propositions alternatives à la politique économique de la rigueur, celle que les tenants de la pensée unique, toujours aussi puissants et sûrs d’eux-mêmes, ont réussi à imposer aux gouvernants.

Marianne aura l’occasion d’y revenir. Dans le journal. Sur le site. Et lors de la prochaine Assemblée. Bientôt...

 


>> Retrouvez l'ensemble des articles et vidéos produits par les étudiants de l'École de journalisme de Nice (EDJ) sur notre page spéciale consacrée à l'Assemblée.

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16/09/2011

La mondilisation soluble dans l'économie locale?

La mondialisation soluble dans l’économie locale ?

HUGUES MENATORY  MIDI LIBRE
16/09/2011, 06 h 00
Pour Guy Sorman, les petits épargnants n’ont pas de souci à se faire.
Pour Guy Sorman, les petits épargnants n’ont pas de souci à se faire. (PHOTO : DANIEL BRUEL)

L’économie, science à part entière ou véritable philosophie de la vie ? Le débat ne sera jamais tranché, mais en ces temps de crise qui n’en finit justement pas de s’éterniser, il peut être bon de ne pas faire l’économie d’une pause. Les emplois disparaissent et les petits épargnants ont peur, cependant que les boursicoteurs se demandent s’ils ne vont pas jeter leurs actions à la corbeille. Bref, tout va mal, et lorsqu’on parle de la Grèce, ce n’est pas pour vanter les charmes d’un pays qui a vu éclore la démocratie.

Et si le salut se trouvait dans les entreprises qui font corps avec “leur “territoire” ? Celles qui mettent en avant des marques qui ressemblent à des paysages ou qui ont carrément des noms de lieux ? C’est, en substance, ce thème de réflexion que le CNER (conseil national des économies régionales, regroupant les comités d’expansion économique) propose, depuis hier et jusqu’à aujourd’hui, aux congressistes réunis à Conques.

Universitaires, chefs d’entreprises, consultants, élus, participent ainsi à des tables rondes dont on espère qu’il n’en sortira que des cercles vertueux.

"Notre mieux-être, on le doit aux innovateurs"

Guy Sorman Et puis, comme l’économie, en plus des flux financiers, s’intéresse aux grandes idées qu’elle génère parfois, Guy Sorman, écrivain inclassable, voltairien tout de même puisque croyant fortement au libéralisme, était hier de la partie. Il lui incombait de débattre avec Paul Jorion, anthropologue, mathématicien et chroniqueur économique. Il s’agissait de savoir quelle serait la place du local dans l’économie d’après crise. Bien sûr, les intervenants étant ce qu’ils sont - intellectuels de haut vol et praticiens de la chose économique - , il a bien fallu aborder les notions de juste frontière entre l’Etat et les marchés, d’interdiction (pour Jorion) ou non (pour Sorman) de la spéculation, ou du travail trop souvent considéré comme la variable d’ajustement.

Quant à la place du local dans l’après crise, elle pourrait prendre la forme du titre d’une prochaine chronique de Guy Sorman : Eloge de monsieur Ratier. L’entreprise du même nom est bien connu, et pas seulement dans la mécanic vallée. "L’inventeur d’une hélice crée une industrie locale et mondiale", précise-t-il. "Notre mieux-être, c’est aux innovateurs qu’on le doit. Et quand il y a innovation, il peut y avoir accident. C’est le propre des économies qui évoluent".

Ce n’est peut-être pas incompatible avec l’idée de Paul Jorion qui en appelle à une Constitution économique qui ferait la promotion d’un comportement vertueux. Quant à l’Europe, en pleine tempête identitaire (est-ce bon ou mauvais pour les territoires ?), Paul Jorion pense qu’elle souffre de la tare rédhibitoire de n’avoir été conçue que pour les marchands. Alors que, pour Guy Sorman, si on a eu l’Europe des marchands c’est parce que toutes les autres tentatives avaient échoué.

La réflexion, dans le domaine économique aussi, peut être galvanisante. Surtout lorsque les idées sont brassées avec la force d’une hélice.