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30/12/2013

L'essence de la démocratie (IX) par Peter Pappenheim

 

 

Billet I  L'introduction

Billet VIII La démocratie n'est pas une produit d'exportation

 

9- UNE COMBINAISON DESASTREUSE : LES PARTIS POLITIQUES, ET MELANGER LES FAITS AVEC LES INTÉRÊTS.

 

Les partis politiques sont le talon d’Achille de la Démocratie. Nous voulons une société prospère, mais la prospérité est un concept subjectif ; cela doit donc être une sorte de synthèse des choix individuels. La prospérité d’une société est souvent définie, comme le revenu national, ce qui exclut beaucoup de ses composants. C’est la tache de la politique de mettre en balance par des négociations la diversité des préférences individuelles qui peuvent s’opposer, de manière compatible avec la démocratie et dans l’esprit d’une aventure en commun. Des négociations directes, tout comme une démocratie directe, tout cela est impossible, étant donné la complexité et dynamique des sociétés actuelles. De là, l’insertion d’institutions - les partis politiques - entre le gouvernement et le peuple. Cela créé un problème que nous avons pas encore résolue, car les instincts sociaux des individus sont d’abord dirigés vers le groupe immédiat de leur appartenance, aux dépens de la société totale. Insérer une institution avec ses intérêts propres entre citoyens et gouvernement, voilà la recette infaillible pour la bureaucratisation avec le risque d’accorder la priorité aux intérêts de ce parti aux dépens de l’ensemble des citoyens.

Alors qu’un gouvernement est supposé agir au nom de la société totale, les partis politiques qui le contrôlent représentent avant tout leurs membres et, aux mieux, leurs électeurs. La compétition, souvent vilaine, entre partis pour des votes est en elle-même incompatible avec le but d’obtenir un accord pour la meilleure politique. Étant donne que seuls les politiciens élus ont part aux négociations, il leur faut d’abord gagner la compétition avec les autres candidats, faire des promesses. Inévitablement, ces promesses fonctionnent comme une première offre dans les futures négociations ; afin d’obtenir le meilleur résultat cela ne peut jamais être la proposition la plus désavantageuse que le politique voudra accepter : il doit donc toujours promettre plus qu’il ne s’attend à obtenir. Pour limiter le dommage résultant des inévitables concessions à ses rivaux, ils doivent exploiter au maximum toute occasion de tourner les faits à leur avantage. Cela leur est facilité amplement par des hommes de science qui sont prêts à leur fournir des faits ‘scientifiques’ qui soutiennent leur proposition où peuvent saper celle d’un concurrent.

En outre, toute décision réelle avantage l’un plus que l’autre. D’habitude, le peuple a une vue biaisée concernant les gains ou les pertes. Les citoyens qui gagnent considèrent que c’est un dû naturel au lieu d’un résultat chèrement obtenu par les hommes politiques tandis que les perdants en accusent les politiques, quelle que soit la justesse de la décision. La conséquence en sont des pseudo décisions poussent les besoins de l’intérêt général sous le tapis, ou relègues les vraies décisions au prochain gouvernement, à la génération suivante, ou à d’autres pays ou organisations. La même malléabilité des faits permet aux politiques de dissimuler toute incompétence ou corruption éventuelle. Dans la compétition électorale, toutes les défauts, réels ou fictive, sont largement diffusés. Tout ceci favorise la compétition, non la coopération. C’est un retour au gouvernement par le pouvoir de nos ancêtres, cela disqualifie les hommes politiques et n’éveille pas le sentiment de participer à une entreprise commune : impossible de convaincre ainsi les citoyens que - lorsque les décisions politiques ne vont pas au devant de leurs désirs - elles ne sont au moins pas injustes, elles sont ce qu’ils peuvent espérer de mieux dans un monde qui n’a pas été créé pour leur satisfaction personnelle.


Le défaut de base du système politique actuel fondé sur les partis est qu’il réintroduit le pouvoir en tant que moyen de coordination. Tant qu’une simple majorité est suffisante pour gouverner et que le spectre politique est divisé en deux camps, gouvernement et opposition, la victoire passe avant l’efficacité, justice et consentement. À moins qu’une décision soit le fruit du principe démocratique ou au moins compatible avec lui, nous ne pouvons nous attendre à ce qu’une minorité qui n’est pas d’accord accepte de plein gré le contrat qui en résulte. Si la minorité reprend le pouvoir, elle va souvent s’acharner à renverser la décision. La théorie des systèmes nous dit que le gouvernement par majorités alternatives conduit à des pseudo solutions à court terme, impraticables, remplissant un trou en en creusant un autre souvent plus profond, que le prochain gouvernement pourra remplir. Aussi longtemps que la victoire sera la priorité première, la démagogie, par l’utilisation de moyens non illégaux comme la diffamation ou la calomnie évidente (voir le “Parti du Thé” aux États-Unis) sera au premier plan : les mass media ont accru immensément leurs portées et leurs pouvoirs. Les partisans de la démocratie directe montrent un manque total de réalisme et de connaissance historique.

 

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29/12/2013

L'essence de la démocratie (VIII) par Peter Pappenheim

 

Billet I L'introduction

Billet VII Les tâches d'un état dans la démocratie

 

8- LA DÉMOCRATIE N’EST PAS UN PRODUIT D’EXPORTATION...

Certainement pas à la mode occidentale, ni à court terme. Les justifications de cette déclaration se situent en différents moments des chapitres précédents. La démocratisation des pays sans tradition démocratique dans lesquels les conditions pour une démocratie n’existent pas encore (une culture et une morale élémentaires, un revenu de subsistance pour tous et la possibilité pour chacun de participer selon une part égale à la vie politique et économique) doit être un processus évolutif qui demande du temps. Identifier la démocratie avec notre façon de faire et avec l’économie de marché, et l’imposer à de telles sociétés, est une recette parfaite pour aboutir à un désastre, surtout si, comme en Russie, ce n’est pas accompagné par une compréhension claire de la nature et des conditions juridico-morales de la démocratie. Le spectacle du désarroi quotidien, de l’inefficacité et de la perte de légitimité de nos institutions politiques ne pousse pas à en promouvoir l’imitation.

 

Pratiquement, l’exportation de la démocratie prend la forme d’un appel aux droits humains. La “Déclaration universelle des Droits de l’Homme” fut le produit de la prépondérance politique des occidentaux dans l’ONU d’après guerre et peut être résumé ainsi : “Chacun a le droit à une démocratie à l’occidentale”. Voir l’évaluation de la “Déclaration universelles des Droits de l’Homme” dans le site (*).

 

 Billet IX Une combinaisson désastreuse: les partis politiques et mélanger les faits et les intérêts

28/12/2013

L'essence de la démocratie (VII) par Peter Pappenheim

 

Peter Pappenheim, les taches de l'état dans un démocratie,un revenue des subsistance,

 

 

 

Billet I:  L'introduction

Billet VI Les procedures ne sont que des moyens pour le fonctionnement d'une démocratie.

 

7- LES TÂCHES DE L’ÉTAT DANS LA DÉMOCRATIE

L’État doit assumer toutes les tâches imposées par les citoyens aussi longtemps qu’elle satisfont les conditions du chapitre 4 et, pour le faire, il doit être efficace. Certaines dérivent directement du choix pour la démocratie ; ces tâches passent avant toutes les autres. Elles sont :

- Un revenu de subsistance pour tous, faute de quoi on ne peut pas s’attendre à une acceptation volontaire.

- Assurer la coexistence, la protection de ses membres et de leurs société, la tâche classique de l’État. Elle doit être prioritaire car, sans coexistence, il ne peut exister de coopération effective. L’État doit créer et maintenir les institutions nécessaires, politiques, judiciaires, policières et militaires. La protection de ses membres concerne non seulement les personnes mais aussi leurs ressources dans la mesure où elles sont produites entièrement par les individus concernés : les deux doivent être protégés contre toute attaque par d’autres individus. Mais tous les biens acquis d’une manière légitime peuvent être soumis aux impôts nécessaires pour financer les tâches se l’état.

- La base des impôts doit être un sacrifice d’utilité net égal tous, ce qui implique une taxation progressive du revenu qui surpasse le niveau de subsistance et tenant comte du fait qu’un euro entraîne un sacrifice plus important pour un salaire minimum que pour un millionnaire.

- L’État doit assurer que tous aient part égale de, et accès aux, ressources de la société qui ne sont pas propriété individuelle, aujourd’hui surtout la culture en son sens le plus large. Cela comporte par exemple les bibliothèques publiques et la redistribution des profits dérivant de l’usage des biens communs de la culture publique, tels que les mathématiques et la plupart des sciences (difficile en pratique, mais utile pour rejeter la conflation de la taxation avec un vol, voir ci-dessous), mais surtout l’éducation pour tous, gratuite jusqu'au baccaleauriat, et après au moins patiellement par un emprunt à repayer par une surcharge sur l'impots des revenus.

 

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25/12/2013

L'essence de la démocratie (VI) par Peter Pappenheim

Premier Billet: L'introduction

 Billet V La démocratie peut elle functionner

 

6. LES PROCÉDURES NE SONT QUE DES MOYENS POUR LE FONCTIONNEMENT D’UNE DÉMOCRATIE.

Une fois accepté le principe d’une démocratie, aussi bien que ses principes de justice, les principes moraux et les devoirs de l’État qui en procèdent directement, il faut établir les moyens, les procédures, nécessaires pour atteindre des accords sur toutes décisions à prendre, tout en assurant le respect des principes démocratiques. Le plus courant, c’est le vote, mais parfois d’autres moyens peuvent être plus appropriés, par exemple un tirage au sort. Pour respecter le critère de l’égalité subjective, les procédures doivent être indépendantes de tout intérêt propre et donc être fermement en clairement présentes dans un document de base, la Constitution. Une constitution ne doit comporter que le principe démocratique, les procédures de décision et quelques droits de base directement déduits de ce principe. Pas de référence à une identité christiano-juive, islamique ou autre, droit des animaux, etc. Renoncer à ces éléments additionnels est le premier sacrifice à faire pour permettre le minimum d’accord nécessaire à une démocratie en tant qu’association volontaire. Étant donné les ravages que l’introduction de ces éléments peut générer, un démocrate considérera leur suppression comme une bénédiction plutôt qu’un sacrifice. Les procédures peuvent être, et sont souvent, abusées. Pour prévenir les abus ou au moins les contenir dans des limites raisonnables, l’objectif des procédures doivent être suffisamment clair pour pouvoir servir de standard d’évaluation ; leur application doit être organisée et surveillée correctement, et objectif comme application doivent respecter, et être compatible avec, le principe démocratique.

 

Définir la démocratie par ses procédés est une erreur qui génère le paradoxe bien connu de la démocratie : si vous acceptez comme démocratiques toutes les décisions prises en accord avec ces procédures, vous ne disposerez d’aucune base d’argumentation à opposer à des lois basées sur la race, la religion, etc., si elles sont acceptées par une majorité légale. Les démocraties occidentales ont tendance à utiliser leurs propres procédures en tant que test limite pour une société démocratique et comme base pour les droits universels. De ce fait, ils imposent aux pays en développement des systèmes que ceux-ci ne sont pas encore prêts à appliquer. Cela sert aussi d’excuse pour éviter la responsabilité qui consisterait à aider effectivement ceux qui ont la volonté d’essayer (voir chapitre 7). Et c’est un prétexte pour déclarer qu’un libre marché capitaliste est un préalable nécessaire à toute démocratie, lui donnant ainsi une priorité imméritée par rapport à tous les autres droits et considérations dérivant du principe démocratique.


Billet VII: Les taches de l'état dans un démocratie

18/12/2013

L'essence de la démocratie (V) par Peter Pappenheim

 

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Billet I L'introduction

 Billet IV La démocratie est une culture, inclus une éthique et morale

 

5- LA DÉMOCRATIE PEUT ELLE FONCTIONNER ?

 

Répétons-le : les démocraties occidentales ont pu se développer et fleurir en raison des circonstances exceptionnellement favorables qui ont présidé à leur naissance : terres en quantité, ressources naturelles et un développement technique qui a produit des richesses nouvelles à un degré assez rapide pour compenser l’accroissement démographique, mais assez lent pour permettre à la société de s’y adapter. Pour des démocraties occidentales, ces jours sont enfuis, et pour le reste du monde, ils n’ont jamais existé. Le chaos qui résulte d’un manque d’une vue réaliste et commun sur la démocratie se révèle tous les jours dans nos journaux. La victoire sur le totalitarisme a privé les démocraties de la force centripète des ennemis extérieurs et a révélé sa pleine faiblesse, par exemple, notre incapacité à prévenir ou agir rapidement et effectivement en face des problèmes d’environnement ou des crises politiques et humanitaires. La plus dramatique illustration en est notre impuissance à aider les anciens pays communistes et d’autres dictatures dans leur transition démocratique.

La démocratie peut-elle survivre ? Certains des plus brillants penseurs en doutent (Guéhenno“La fin de la démocratie”, John Gray “Black Mass”). De fait, l’état courant de notre monde n’indique en rien qu’ils aient tort. Le coupable principal de la vulnérabilité de la démocratie est la théorie selon laquelle le gouvernement démocratique est un gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Une autre erreur est que cette théorie implique une démocratie multi partis comme nos démocraties occidentales.

 

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13/12/2013

L'essence de la démocratie (IV) par Peter Pappenheim

 

« Les états n'ont pas d'éthique »

phrase donné entre nez et lièvre* par Alain Renaut pendant le colloque vivre ensemble organisé par CESE le 5 décembre 2013. En bref ça veut dire nous (la société aujourd'hui n'a pas un boussole intérieur et en conséquense on fait de n'importe quoi)

 

Premier billet  L'introduction

Troisième billet  Le principe démocratique

 

4- LA DÉMOCRATIE EST UNE CULTURE, INCLUS UNE ÉTHIQUE ET MORALE

Ce que nous faisons le mieux, c’est ce qui nous vient naturellement, sans y réfléchir, que ce soit par instinct ou à la suite d’apprentissages ou d’entraînements à tel ou tel comportement. Voilà ce qui dirige presque toutes nos activités. C’est seulement quand s’élève un doute sur ce qu’il faut faire, ou si la décision est suffisamment importante, que nous engageons l‘effort et le temps requis par un examen rationnel et qui rend un tel examen sans intérêt pour la routine quotidienne : marcher, se verser un verre d’eau ou dire bonjour, etc. Si nous devions penser et justifier tous nos comportements, notre vie sociale deviendrait impossible.

Et dan le cas ou nous y pensions, la société arriverait au mieux en seconde place. C’est la raison qui nous fait a fait choisir la démocratie et ses lois, mais pourtant les individus rationnels dans leur décisions quotidiennes sont ont tendance à choisir l’alternative qui promeut leur meilleur bénéfice net au lieu de ce qui serait rationnel pour l’ensemble de la communauté. Nous connaissons tous le phénomène du « free rider » (libre cavalier?) : s’il est possible de bénéficier d’un service public sans en payer les coûts ou de poursuivre une action profitable mais illégale sans risque de sanction, il semblerait rationnel de le faire si l’on peut s’en tirer à bon compte. Mais, si beaucoup s’en tirent impunément avec par exemple une évasion d’impôt, les autres devront affronter un impôt accru ou ne pourront financer autant de bénéfices sociaux. Pire, les violations fréquentes diminuent la perception de la légitimité et du risque de sanctions. Les deux phénomènes concourent à diminuer l’incitation à se conformer aux règles. Par conséquent, des sanctions sont nécessaires pour que le coût de la fraude excède les bénéfices du comportement déviant, tel qu’une évasion fiscale. Exposer et punir les coupables suppose sanctions, législateurs, police et prisons etc., toutes dispositions coûteuses pour la communauté. Si les citoyens fondent seulement leurs choix sur des calculs rationnels, le coût nécessaire à assurer l’application d’une seule norme sera assez élevé ; pour toute nos normes il sera tout à fait prohibitif. Une telle communauté serait difficile à vivre car fondée sur la peur.

L’expérience montre que dans toutes les sociétés saines, le peuple dans l’ensemble accepte les règles qu’il juge raisonnables. Une personne agissant uniquement pour son avantage personnel est un personnage fictif, amputé de tous les motifs de règle et de conduite innées ou acquises qui en font un être social et qui gouvernent toutes les interactions sociales : décence, morale et vertus. Ces règles doivent être intégrées dans notre processus d’information quotidien, devenir habitudes, une part de nous-mêmes (surtout par interactions sociales), bref, être ‘internalisées’, réduisant ainsi le besoin de sanctions. Une part essentielle de la culture qui rend ainsi viable notre vie sociale et, ce qui est important également, rend la démocratie enviable. La nécessité de cette intégration et de sa compatibilité avec d’autres aspects de l’organisation sociale, par exemple son économie, est un élément aussi majeur que négligé de nos sociétés capitalistes de l’Ouest.

 

 

* Expression Néerlandais littéralement traduit en Français. Parfois ça marche, parfois pas, mais en bref ça veut dire dans ce contexte que tout le monde sait que les états n'ont pas d'éthique, mais c'est comme ça, qu'est qu'on peut faire ? Qui montre bien quelque part notre impuissance face au réalité quotidienne. Et si nous étions conscience de cette réalité, les politiciens et juristes croient peut être une nouvelle loi pouvais changer tout cela! C'est qui montre bien notre écart chronique face à la réalité........... pour gagner du temps qui favorise nos acquis actuelles ? (PH) La fuite à l'avant chronique!

 

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24/11/2013

L'essence de la démocratie (I) par Peter Pappenheim

pour le moment une no man's land (photo prit de marianne.net)

L'essence de la démocratie

That is democracy
Democratie in een notendop

 

 

 

par Peter Pappeheim*

 

Une résumé en français de son livre :

The conceptual foundations of decision-making in a democracy

 

  1. Annexe : Sujets divers                

 


* L'écrivain est d'origine Néerlandais, si vous avez des améliorations/corrections/commentaires constructives à faire, n'hésitez pas à laisser vos observations!!!

Een Nederlandse versie kunt u hier vinden! (Democratie in een notendop)

An english version is to be found here! (That is democracy)

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