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29/12/2010

No bravery

 

Où s’arrête la concurrence et où commencent le crime, le terrorisme et la guerre, et quels rôles y jouent la politique, le système juridique et l’individu ?

 

 

"No Bravery"

There are children standing here,
Arms outstretched into the sky,
Tears drying on their face.
He has been here.
Brothers lie in shallow graves.
Fathers lost without a trace.
A nation blind to their disgrace,
Since he's been here.

And I see no bravery,
No bravery in your eyes anymore.
Only sadness.

Houses burnt beyond repair.
The smell of death is in the air.
A woman weeping in despair says,
He has been here.
Tracer lighting up the sky.
It's another families' turn to die.
A child afraid to even cry out says,
He has been here.

And I see no bravery,
No bravery in your eyes anymore.
Only sadness.

There are children standing here,
Arms outstretched into the sky,
But no one asks the question why,
He has been here.
Old men kneel to accept their fate.
Wives and daughters cut and raped.
A generation drenched in hate.
Says, he has been here.

And I see no bravery,
No bravery in your eyes anymore.
Only sadness.


07/11/2010

Raymond Aron

 

Het verantwoorde engagement / druk 1: filosofie en politiek bij Raymond Aron

 

 

 

 

 

Responsabilité et engagement. Philosophie et politique chez Raymond Aron

 

Un résumé d'un livre du journalist Néerlandais Paul van Velthoven traduit par Michèle Desage.

 

Le texte prit du Livre en Néerlandais Het verantwoorde engagement (L'engagement responsable)

 

Raymond Aron (1905-1983) a été l'un des analystes politiques les plus lucides de son époque. Alors la majorité de l'élite intellectuelle française faisait l'éloge du régime soviétique, il joignait la parole à l'action pour s'insurger contre le danger totalitaire qui menaçait l'Europe à travers l'Union Soviétique. Il décela très rapidement, après la Deuxième Guerre mondiale, les risques d'une neutralité de l'Europe occidentale face aux visées expansionnistes des Soviétiques et plaida en faveur d'un maintien d'équilibre des forces. Cela lui paraissait simultanément la seule réponse face à la menace de guerre atomique entre les grandes puissances nucléaires et la menace de chantage qui pésait sur l'Occident. Aron s'est également montré en avance sur la plupart des ses contemporains face à d'autres problèmes politiques: il avait compris qu'il serait impossible pour la France de garder ses colonies, dont les habitant d'origine allaient invoquer les valeurs d'égalité et d'indépendance si naturelles pour le colonisateur.

 

A ses yeux, la forte coloration idéologique de la politique par la communisme et d'autres doctrines entravait la recherche d'une issue positive des problèmes socio-économiques. Il considérait qu'une approche moins empreinte de rigidité idéologique faciliterait la solution de ces problèmes. Ce n'est pas par la révolution mais par de réformes progressives que l'on améliorait la situation de la société, expliquait-il à ses opposants. A une époque des tentations totalitaires, il défendait avec verve les mérites de la démocratie: certes, ce système présentait des imperfections dans son processus de décision et il était vulnérable à la corruption, mais il n'en demeurerait pas moins le seul régime politique capable de préserver la liberté et la vérité.

 

Alors qu'aux Etats Unis et Grande-Bretagne, il était admis depuis longtemps que sur les plupart des dosiers politiques de son temps, Aron avait vu juste, il fallut attendre les dernières années de sa vie pour qu'il jouisse partiellement de la même estime dans son propre pays. Beaucoup de ses anciens contradicteurs réalisèrent alors qu'ils étaient laissé entraîner par l'idéologie marxiste et reconnurent leur erreur.

 

Cette étude s'est attachée de faire ressortir la genèse de l'engagement politique de Raymond Aron et décrire les lignes maîtresses de sa pensée. Pour y parvenir, il lui a fallu découvrir, dans un premier temps, sur quelle philosophie bâtir les fondements de cet engagement politique. Aron a reçu sa formation de philosophie dans les années vingt à la prestigieuse Ecole Normale Supérieure de Paris. Cette enseignement se situait en fort décalage de la réalité quotidienne et ne lui apporta pas les réponses dont il avait besoin pour définir l'engagement dont il était en quête depuis sa jeunesse. C'est à une philosophie qui lui a donné les moyens d'appréhender l'histoire de façon aussi objective que possible qu'il est redevable de sa méthode: les penseurs allemands, en premier lieu le sociologue allemand Max Weber, l'ont aidé à mieux comprendre la nauture de l'histoire et la place de l'homme dans celle-ci.

 

La caractère spécifique de l'histoire réside dans le fait que nous sommes acteurs et participants du processus historique. De même que lorsque nous écrivons l'histoire, nous ne pouvons pas être absolument certains de la justesse de notre description, de même, nous ne pouvons pas être certains de l'effet de nos actes sur ce qu'Aron nommait « l'histoire se faisant ». Les deux situations relèvent de la probabilité et il est clair que nous disposons d'un certain marge de manœuvre, aussi bien dans la façon dont nous abordons une étude que dans la façon dont nous prenons des décisions, et comme le montrent les expériences de la vie quotidienne, l'histoire n'est pas pré-déterminée. Aron présenta une description circonstanciée des conceptions dans son Introduction à la philosophie de l'histoire, la vaste thèse qui mit un point final à ses études universitaires dans les années trente.

 

Sa réflexion sur la processus historique lui fournit une réplique crédible aux philosophies et idéologies qui prétendaient pouvoir apporter une réponse à l'énigme de l'histoire, la foi dans le progrès, un produit de la philosophie des Lumières, très en vogue dans le milieu progressiste d'où était issu Aron. Simultanément, tout aussi nombreux étaient ceux qui juraient par les philosophies du déclin du type de celle d'Oswald Spengler, vouant la civilisation occidentale à l'effondrement. Pour Aron, les adeptes perdu tout contrôle. Ce approche s'appliquait également à son principale maître, le philosophe Léon Brunschwicg: celui-ci avait une foi inébranlable dans le progrès scientifique, d'où il déduisait que ce principe également à l'ensemble de la société en dépit de la contradiction flagrante que pouvaient y apporter les catastrophes sans précédents causées par les idéologies extrémistes d'avant guerre.

 

La philosophie qu'il avait élaborée consistait à rechercher la maîtrise de l'histoire à travers une méthode d'écriture aussi scrupuleuse que possible. La compréhension de l'histoire à passe par une méthode permettant de respecter sa réalité spécifique. L'essence même de l'histoire – c'est à dire le caractère par excellence changeant, contingent, sans rapport avec les lois naturelles, de la société humaine – doit trouver son expression dans cette écriture. Aron distinguait deux dimensions dans le déroulement de l'histoire: d'une part, les courants profonds, qui exercent une influence à laquelle aucun homme peut se soustraire , comme la place croissante de la composante rationnelle et scientifique dans la vie courante ou encore la démocratisation de plus en plus poussée. C'est ce qu'Aron appelait « l'histoire nécessaire » par l'opposition à « l'histoire traditionnelle », qui est la dimension qui traite les décisions humaines et de leur influence sur le développement factuel de l'histoire; ce que l'historien britannique Arnold Toynbee qualifiait « history as usual » - les conflits, les guerres qui nourrissent traditionnellement les chroniques -et ce qu'Aron nommait « l'histoire éternelle », ou un certain nombre des modèles se reproduisent: l'homme ne change en effet pas de façon essentielle. Selon Aron, l'histoire «  nécessaire » et l'histoire « traditionelle » se rejoignent dans des entrelacs toujours uniques qui confèrent à l'histoire son déroulement unique: elle apparaît toujours différente, elle ne connait pas la répétition.

 

Ceux qui, comme Aron veulent jouer un rôle dans l'histoire, ou la marquer de leur sceau, doivent avoir conscience de cette structure, qui met en évidence la marge de manœuvre dont chacun dispose. Aron avait plus particulièrement à l'esprit l'homme politique, à qui ces décisions font porter la responsabilité du destin des communautés humaines. Aron cherchait toujours à se mettre à la place des responsables politiques; il anticipait leurs décisions et pensait que ses recommandations ne pourraient avoir de valeur que si lui-même avait pris en compte deux éléments. Seules des décisions fondées sur toutes connaissances disponibles peuvent être bonnes: c'est pourquoi Aron se livra à une étude approfondie de l'économie – indispensable pour la politique intérieur – ainsi que la sociologie des relations internationales et de la stratégie (militaire) – indispensables pour la politique extérieure d'un pays. Cette solide préparation n'est toutefois pas suffisante: la réalisation des objectifs doit obéir à un certain nombre de valeurs, parmi lesquelles la liberté et la vérité étaient à ses yeux essentielles.

 

Après avoir mis au point les principes permettant de maîtriser aussi bien le processus d'appréhension de l'histoire écrite que de l'histoire vécue, il mit toute son énergie à lutter contre les idéologies qu'il juge condamnables. En premier lieu, l'idéologie communiste. Pour pouvoir lui opposer des bons arguments, il se mit à disséquer la pensée de Marx, tout en y recherchant les éléments qui pourraient être significatifs. Il eut recours à certains d'entre eux pour rédiger l'analyse de la société contemporaine qu'il voulait opposer aux assertions de l'idéologie marxiste, qui s'étaient finalement avérées erronées. Aron qualifiait la société de son époque de « société industrielle », expression reprise des penseurs français du dix-neuvième siècle, Saint-Simon et Auguste Comte. Ceux-ci considérait que leur époque se caractérisait essentiellement par le fait que le travail avait remplacé la conquête et le butin – typique des sociétés antérieures – pour assurer le revenu et les bien être des populations. Aron en tira la conclusion que l'infrastructure économique et sociale des pays capitalistes et communistes présentait d'importantes similitudes sur les points essentiels en dépit des divergences idéologiques; les deux régimes politiques étaient ainsi des variantes d'une seule et même société industrielle. Les différences se manifestaient surtout dans les formes de gouvernement. La description non-idéologique qu'il fit de la société industrielle, dans ses variantes capitaliste et communiste, indépendamment du fait qu'elle était la plus adéquate, visait également à relativiser les passions politico-idéologiques: elle avait en effet le mérite de démythifier les différences marquant les deux marquant les deux types de régimes, dont le principale résidait dans la structure politque, en grande partie déterminante pour leur survie. La dimension politique jouait un rôle primordial, pour Aron, dans la déroulement de l'histoire, d'ou sa prédilection pour la composante politique de l'existence.

 

Aron se sentait responsable vis-à-vis du régime politique sous lequel il avait choisi de vivre et de sa survie. C'est pourquoi il se consacrait, aussi bien comme sociologue que comme journaliste, de façon intensive aux relations internationales. Il procéda à l'analyse approfondie du contexte spécifique de la politique internationale de l'après-guerre, tout en mettant en évidence les constantes des relations internationales à travers des siècles: celles-ci se caractérisaient par un alternance de périodes de guerre et de paix. Il souligna le caractère inéluctable des conflits, un sujet injustement déclaré tabou dans une période marqué par des guerres totales. Les temps modernes, tout comme le passé, étaient soumis à cette alternance de paix et de conflits, et il était convaincu qu'il en serait la même pour le futur. Les tentatives du passé pour conjurer les conflits entre les états – que soit par la constitution d'un grand empire regroupant plusieurs peuples ou par création d'un gouvernement mondial qui arbitrerait de façon souveraine des conflits entre état -avaient toutes été vouées à l'échec, constatait Aron: les grands empires, d'Alexandre le Grand à Napoléon, mais également ceux apparus au vingtième siècle, comme l'Union Soviétique, ont immanquablement fini par s'effondrer et il n'avait pas davantage été possible d'établir une paix durable sous la houlette des Nations-Unies – en tant que gouvernement mondial in spe – du fait de l'influence limitée de cette organisation.

 

L'œuvre d'Aron est intimement liée à la période de la guerre froide, dont il n'a pas connu la fin après la chute du mur de Berlin et l'effondrement de l'Union Soviétique. Son principal mérite réside indéniablement dans sa capacité, durant toute sa vie, à faire les bons choix. Des choix significatifs pour son époque. Sa vision sur l'histoire, à savoir que notre intérêt se porte en premier lieu sur ceux qui font l'histoire, s'appliquent parfaitement à leur auteur travers les choix qu'il a faits, il a imprimé son époque de sa marque. Mais au-delà des limites de son temps, les conceptions qui ont guidé ses choix gardent tout leur intérêt pour l'histoire contemporaine, aussi éloignée qu'elle soit des schémas de la Guerre Froide. Ses conceptions politiques découlaient de la condition spécifique de l'homme dans l'histoire. Histoire et politique sont à ses yeux étroitement liées. Les vicissitudes de l'histoire déterminent celles de la politique. C'est pourquoi il ne suffit pas d'analyser la réalité politique à travers le moule d'un seul schéma abstrait; une décision politique mûrement réfléchie se situe à la conjonction de plusieurs éléments. Même si Aron admettait que les objectifs politiques sont souvent guidés par des choix moraux, il avait conscience que leur réalisation ne coïncide jamais totalement avec une éthique et n'est jamais jugée uniquement sur sa composante morale. Ce qui compte avant tout en politique, c'est l'efficacité. Il était convaincu que la politique internationale, de se dérouler dans l'environnement conforme à celui décrit par Thomas Hobbes au dix-septième siècle et que dépit des progrès du droit international, celle-ci restait foncièrement une jungle. C'est pourquoi nous devons toujours attendre au pire, estimait-il, c'est la seule façon de l'éviter. Cette vision pessimiste de l'histoire n'excluait pas chez Aron l'espoir que cell-ci s'achève raisonnablement. C'est cette foi dans la raison qui lui a permis de garder confiance dans l'avenir.

 

Paul van Velthoven, traduit par Michèle Desage.

 

 

Site du journalist Néerlandais Paul van Velthoven

Récement un émission "A voix nue" sur France Culture des interviews avec Stanley Hoffmann

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